Quitter définitivement le Canada : Planification Fiscale et Taxe de Départ
Prendre la décision de quitter le Canada pour s’établir à l’étranger (Dubaï, Paraguay, Europe ou ailleurs) est une étape de vie majeure. Au-delà de la logistique, le succès de votre expatriation repose sur votre capacité à rompre vos liens fiscaux avec l’Agence du revenu du Canada (ARC) sans déclencher de pénalités ruineuses.
Me Louis Sirois, avocat fiscaliste depuis 1987, vous accompagne dans cette transition pour sécuriser votre patrimoine lors de votre changement de résidence.
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1. Le Statut de Résident vs Non-Résident
L’ARC ne vous laisse pas partir sur un simple « au revoir ». La résidence fiscale est une question de faits. Pour être considéré comme non-résident, vous devez rompre vos liens significatifs :
- Liens primaires : Vente ou location long terme de votre demeure, départ du conjoint et des personnes à charge.
- Liens secondaires : Annulation de la RAMQ, du permis de conduire, fermeture de certains comptes bancaires et retrait des listes électorales.
L’utilisation du formulaire NR73 est une étape délicate qui nécessite une analyse juridique préalable pour éviter que l’ARC ne refuse votre statut de non-résident.
2. La Redoutable « Taxe de Départ » (Exit Tax)
Le jour où vous cessez d’être résident fiscal, le Canada applique une disposition réputée de vos actifs mondiaux. L’ARC considère que vous avez vendu tous vos biens (actions de sociétés privées, portefeuilles boursiers, cryptomonnaies) à leur juste valeur marchande.
- L’impact : Vous devez payer de l’impôt sur le gain en capital accumulé, même si vous conservez vos titres.
- Les formulaires obligatoires : Si la valeur de vos biens dépasse 25 000 $, vous devez produire les formulaires T1161 et T1243 avec votre dernière déclaration d’impôt canadienne.
- Les exceptions : L’immobilier situé au Canada (qui sera taxé lors de la vente réelle) et les comptes enregistrés (REER, CELI) sont généralement exclus de cette taxe immédiate.
3. Gestion de l’Immobilier et des Revenus Locatifs
Si vous conservez votre maison pour la louer, vous devenez un propriétaire non-résident. Vos revenus locatifs seront assujettis à une retenue d’impôt de 25 % (Partie XIII). Toutefois, des stratégies comme l’article 216 permettent souvent de réduire cette charge fiscale en produisant une déclaration de revenus spécifique.
4. Optimisation des Conventions Fiscales Internationales
La planification de votre départ doit impérativement tenir compte des traités fiscaux entre le Canada et votre pays de destination (ex: Dubaï). Ces conventions servent à éviter la double imposition sur vos pensions, dividendes et revenus futurs.
Ne partez pas sans un bouclier juridique
Une erreur dans votre déclaration de départ ou une mauvaise gestion de vos liens de résidence peut entraîner des cotisations rétroactives sur vos revenus mondiaux pendant des années.
📞 Consultation Expatriation (Tél/Texto) :
(438) 386-4223
📍 Bureau de Laval | ✉️ lsirois@sbavocats.ca
Foire aux questions (FAQ) : Quitter le Canada
Puis-je garder mon CELI en étant non-résident ?
Oui, vous pouvez conserver votre CELI et les revenus générés à l’intérieur resteront libres d’impôt au Canada. Cependant, vous ne pouvez plus cotiser et vous ne gagnez plus de droits de cotisation annuels tant que vous êtes non-résident.
Qu’arrive-t-il à mon REER si je pars définitivement ?
Le REER n’est pas assujetti à la taxe de départ. Toutefois, si vous retirez des fonds en étant non-résident, l’institution financière retiendra généralement un impôt à la source (souvent 25 %), à moins qu’une convention fiscale ne prévoie un taux réduit.
Qu’est-ce que la règle des 183 jours ?
C’est un mythe fréquent. Passer moins de 183 jours au Canada ne fait pas de vous un non-résident si vous avez conservé des liens de résidence significatifs (maison, famille). La rupture des liens est beaucoup plus importante que le nombre de jours passés à l’étranger.