Fiducie de protection d’actifs

Foire aux questions · Fiducies

Les fiducies : vos 32 questions les plus fréquentes

Fiducie de protection d’actifs et fiducies en général — des réponses volontairement simples et directes, regroupées par thème. Ce document accompagne notre « Guide du client — La fiducie de protection d’actifs », qui approfondit chaque notion.

A Comprendre la fiducie

1

Qu’est-ce qu’une fiducie, en une phrase?

C’est un patrimoine séparé : des biens qui ne vous appartiennent plus, gérés par des fiduciaires selon des règles écrites d’avance, au bénéfice des personnes que vous avez choisies.

2

Une fiducie, est-ce légal? Est-ce réservé aux gens très riches?

Parfaitement légal : le Code civil du Québec encadre les fiducies depuis longtemps. Et non, ce n’est pas réservé aux très riches — mais il faut que le patrimoine à protéger justifie les coûts de mise en place et d’entretien. Sous un certain seuil, le jeu n’en vaut pas la chandelle; nous faisons ce calcul avec vous, franchement, dès la première rencontre.

3

Quelle est la différence entre une fiducie et une compagnie?

Une compagnie vous appartient : ses actions font partie de votre patrimoine et sont donc saisissables par vos créanciers. Une fiducie n’appartient à personne — c’est précisément de là que vient la protection. Les deux se combinent d’ailleurs souvent : la fiducie détient les actions de la compagnie.

4

Quelle est la différence entre une fiducie créée de mon vivant et une fiducie testamentaire?

La fiducie « entre vifs » est créée de votre vivant et produit ses effets immédiatement — c’est le cas de la fiducie de protection d’actifs. La fiducie testamentaire naît seulement à votre décès, par votre testament : elle protège vos héritiers, jamais vous.

5

Une fiducie, est-ce secret? Le fisc est-il au courant?

Non, ce n’est pas secret. La fiducie offre une confidentialité relative vis-à-vis du public, mais les autorités fiscales la connaissent : elle produit des déclarations chaque année, incluant l’identité des personnes qui y sont liées. Une fiducie sert à protéger des biens, pas à les cacher.

B Création, biens et coûts

6

Combien de temps faut-il pour créer une fiducie?

Comptez quelques semaines : collecte d’informations, vérifications de votre situation financière, rédaction de la convention, signature, puis transfert des biens. Les immeubles et les actions de société ajoutent des étapes (évaluations, publication au registre foncier, consentements de tiers).

7

Combien coûte une fiducie?

Il y a deux volets. La mise en place : nos honoraires dépendent de la complexité — au taux horaire de 375 $ ou, le plus souvent, sous forme de forfait convenu d’avance. L’entretien annuel ensuite : comptabilité, déclarations de revenus de la fiducie et résolutions. Nous chiffrons les deux volets avant de commencer, pour que vous décidiez en pleine connaissance de cause.

8

Faut-il passer chez le notaire pour créer une fiducie?

Non. La convention de fiducie se prépare et se signe devant avocat. Certains actes accessoires — une hypothèque, par exemple — demeurent du ressort du notaire, et nous coordonnons le tout au besoin.

9

Quels biens puis-je mettre dans la fiducie? Y en a-t-il à éviter?

Les mieux adaptés : l’argent liquide, les placements non enregistrés et les biens sans gain de valeur accumulé, parfois les actions de votre société.

À analyser de près avant d’agir : les biens ayant beaucoup pris de valeur (impôt immédiat au transfert), la résidence principale, les biens hypothéqués (consentement du prêteur requis) et les régimes enregistrés — voir les questions 10 et 11.

10

Puis-je transférer ma maison dans une fiducie?

C’est généralement déconseillé pour une fiducie de protection : vous risquez de perdre l’exonération d’impôt sur le gain à la revente de la résidence principale, et des droits de mutation peuvent s’ajouter. D’autres avenues existent pour protéger la résidence; nous en discutons cas par cas.

11

Puis-je transférer mes REER, FERR ou CELI dans une fiducie?

Non. Ces régimes ne peuvent pas être transférés à une fiducie sans en perdre les avantages — pour le REER, cela déclencherait l’impôt immédiatement. Bonne nouvelle : ils bénéficient déjà de certaines protections qui leur sont propres.

C Contrôle et fonctionnement

12

Vais-je perdre le contrôle de mes biens?

Oui — et c’est le prix de la protection. Ce sont les fiduciaires qui décident, dont un fiduciaire indépendant. Vous conservez une influence réelle : vous choisissez les fiduciaires, et les règles que vous fixez dans la convention les encadrent. Mais si, dans les faits, vous continuez de tout contrôler comme avant, la protection s’écroule le jour où on en a besoin.

13

Puis-je être moi-même fiduciaire de ma fiducie?

Oui, la loi le permet, à condition qu’un fiduciaire réellement indépendant siège avec vous et que ses décisions comptent. Cela dit, plus votre rôle est grand, plus la structure devient vulnérable en cas de contestation. C’est une question de dosage, que nous ajustons à votre situation.

14

Qui devrais-je choisir comme fiduciaire indépendant?

Une personne de confiance qui n’est ni vous, ni un bénéficiaire : un professionnel (comptable, avocat), un ami de longue date rigoureux, ou une société de fiducie. Les qualités recherchées : disponibilité, jugement, sens du devoir — et une indépendance réelle, pas seulement sur papier.

15

Pourrai-je ravoir mes biens si j’en ai besoin un jour?

Tout dépend du choix fait à la création — c’est LA décision fondamentale.

  • Option « protection maximale » : non, jamais; en échange, la protection est la plus forte et la fiscalité de sortie la plus douce.
  • Option « accès conservé » : oui, si les fiduciaires le décident; en échange, la protection est réduite et la fiscalité moins favorable.

Notre guide du client compare les deux en détail.

16

Que se passe-t-il si un fiduciaire décède, démissionne ou devient inapte?

La convention prévoit tout : des remplaçants désignés d’avance et une mécanique de nomination. La fiducie continue sans interruption — c’est justement l’une de ses forces.

17

Mes enfants pourront-ils exiger de l’argent de la fiducie?

Non. Dans une fiducie discrétionnaire, aucun bénéficiaire ne peut rien exiger : chacun peut recevoir, si les fiduciaires le décident. C’est voulu — et cela protège aussi les bénéficiaires contre leurs propres créanciers… et parfois contre eux-mêmes.

D La protection : ce qu’elle fait, ce qu’elle ne fait pas

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La fiducie me protège-t-elle contre mes dettes actuelles?

Non. Les créanciers existants — et même les réclamations déjà prévisibles — peuvent faire annuler les transferts par un tribunal. La fiducie protège votre avenir, pas votre passé. C’est pourquoi on la crée par temps calme, en documentant soigneusement votre solvabilité au moment de chaque transfert.

19

La fiducie me protège-t-elle contre le fisc?

Pas contre vos dettes fiscales existantes, ni contre celles qui couvent (par exemple une vérification en cours) : des règles particulières rendent même la personne qui reçoit un bien responsable des dettes fiscales de celle qui le transfère. Contre les risques fiscaux futurs liés à de nouvelles activités, la protection joue, comme à l’égard de tout autre créancier.

20

Fiducie, divorce et séparation : suis-je protégé?

La fiducie ne fait pas échec au partage du patrimoine familial ni aux pensions alimentaires — et un transfert fait à l’approche d’une rupture peut être attaqué. Utilisée longtemps d’avance et en toute transparence, elle peut par contre structurer la détention de biens qui ne font pas partie du patrimoine familial.

21

Que se passe-t-il si je fais faillite après avoir créé la fiducie?

Si la fiducie a été créée alors que vous étiez solvable, sans arrière-pensée envers vos créanciers, et suffisamment longtemps avant la faillite, les biens transférés demeurent en principe hors d’atteinte. Sachez toutefois que le syndic scrute les transferts récents : environ un an en arrière, et jusqu’à cinq ans pour les transferts entre proches.

22

Un créancier peut-il « casser » ma fiducie?

Il peut essayer, par deux portes : démontrer que le transfert a été fait à son détriment alors que la dette existait ou se profilait; ou plaider que la fiducie est une façade parce que vous avez conservé la maîtrise des biens. Une fiducie créée au bon moment, bien documentée et réellement respectée au quotidien résiste à ces attaques.

E Les impôts

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Vais-je payer de l’impôt au moment du transfert de mes biens?

Souvent, oui : aux yeux du fisc, transférer un bien à la fiducie équivaut à le vendre à sa valeur du jour, même si aucun argent ne change de mains. Un bien qui a pris de la valeur déclenche donc l’impôt sur le gain. Les parades : transférer des liquidités ou des biens sans gain accumulé, utiliser des pertes reportées — ou, à compter de 65 ans, recourir à la fiducie « pour soi-même », qui permet un transfert sans impôt immédiat.

24

Qui paie l’impôt sur les revenus de la fiducie chaque année?

Les bénéficiaires, pour les sommes qui leur sont attribuées dans l’année; la fiducie elle-même, au taux d’impôt le plus élevé, pour ce qu’elle conserve. En pratique, on planifie donc les attributions chaque automne. Nuance importante : dans l’option « accès conservé », les revenus demeurent en général imposés entre vos mains.

25

C’est quoi, la « règle des 21 ans »?

Tous les 21 ans, le fisc traite la fiducie comme si elle vendait tous ses biens : l’impôt sur les gains accumulés devient alors exigible. Cela se planifie très bien — le plus souvent en remettant les biens aux bénéficiaires avant l’échéance, généralement sans impôt immédiat dans l’option « protection maximale » — mais cela doit être inscrit au calendrier dès la création.

26

La fiducie doit-elle produire des déclarations de revenus?

Oui, chaque année, au fédéral et au Québec, avec divulgation des personnes liées à la fiducie — et cela, même pour bien des fiducies sans revenus. Les manquements entraînent des pénalités salées : la rigueur administrative fait partie du contrat.

27

Une fiducie me fera-t-elle payer moins d’impôt?

Réponse franche : ce n’est plus son rôle principal. Les règles sur le revenu fractionné ont fermé la porte à la plupart des partages de revenus avec les membres de la famille. La fiducie demeure par contre un excellent outil de transmission — remise des biens aux enfants sans impôt immédiat dans la bonne structure, multiplication possible de certaines exonérations à la vente d’une entreprise — mais ce n’est pas une machine à économies d’impôt annuelles.

F Décès, inaptitude et fin de la fiducie

28

Que devient la fiducie à mon décès?

Elle continue, sans interruption et sans passer par votre succession : les fiduciaires poursuivent leur gestion selon les règles écrites. Vos volontés pour les biens détenus en fiducie sont dans la convention; pour tout le reste, dans votre testament.

29

Ai-je encore besoin d’un testament si j’ai une fiducie?

Oui, absolument. La fiducie ne couvre que les biens qu’elle détient. Tout le reste — régimes enregistrés, résidence, biens personnels, assurances — suit votre testament. Les deux documents doivent être arrimés, et mis à jour ensemble.

30

Et si je deviens inapte?

Aucun impact sur les biens en fiducie : les fiduciaires continuent de les gérer comme si de rien n’était. Votre mandat de protection prend le relais pour le reste de vos affaires. C’est un avantage souvent sous-estimé de la fiducie.

31

Comment la fiducie prend-elle fin?

À la date prévue dans la convention — ou avant, si les fiduciaires décident de distribuer tous les biens. Ceux-ci sont alors remis aux bénéficiaires selon les règles établies, la fiducie règle ses dernières obligations fiscales, puis s’éteint.

32

Puis-je modifier ou annuler la fiducie après sa création?

Une fiducie de protection est, par nature, irrévocable : on ne peut pas simplement la « débrancher » — c’est ce qui la rend crédible. Des ajustements limités demeurent possibles lorsque la convention le prévoit, et un tribunal peut intervenir dans certaines circonstances exceptionnelles. D’où l’importance capitale de bien la concevoir dès le départ.

Votre question ne figure pas ici?

Posez-la-nous directement. Une rencontre d’analyse permet de vérifier si la fiducie convient à votre situation — et, tout aussi utile, si elle n’y convient pas.

Me Louis Sirois, avocat et conseils · 3030, boul. Curé-Labelle, bureau 300, Laval (Québec) H7P 0H9 · Taux horaire 375 $ ou forfait convenu d’avance

Ce document accompagne notre « Guide du client — La fiducie de protection d’actifs », qui approfondit chaque notion. Demandez-le lors de votre rencontre d’analyse.

Avertissement. Ce document d’information générale est volontairement simplifié. Il ne constitue pas un avis juridique ou fiscal et ne remplace pas une consultation portant sur votre situation particulière. Les règles évoquées comportent des exceptions et peuvent changer.